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Mia Hansen-Løve : J'avais coupé mes cheveux très court - c'est à cette coupe que je dois d'avoir été choisie

MIA HANSEN-LOVE - JEUNE ACTRICE AUX CHEVEUX COURTS - COMEDIENNE - FIN AOUT DEBUT SEPTEMBRE - FILM DE OLIVIER ASSAYAS

 

"Le réalisateur Olivier Assayas, son futur compagnon, cherche une jeune fille pour un petit rôle dans Fin août, début septembre.

« J'avais coupé mes cheveux très court quand mon histoire d'amour avait pris fin. Un acte impulsif, brutal. Finalement, c'est à cette coupe que je dois d'avoir été choisie. »

Se trouver par où l'on croit se perdre : Mia Hansen-Løve aime l'idée"

Source : Télérama : Mia Hansen-Løve dans l'ombre des jeunes filles en fleurs





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Mais si les acteurs me préoccupaient ainsi, si la vue de Maubant sortant un après-midi du Théâtre-Français m'avait causé le saisissement et les souffrances de l'amour, combien le nom d'une étoile flamboyant à la porte d'un théâtre, combien, à la glace d'un coupé qui passait dans la rue avec ses chevaux fleuris de roses au frontail, la vue du visage d'une femme que je pensais être peut-être une actrice laissait en moi un trouble plus prolongé, un effort impuissant et douloureux pour me représenter sa vie. Je classais par ordre de talent les plus illustres : Sarah Bernhardt, la Berma, Bartet, Madeleine Brohan, Jeanne Samary, mais toutes m'intéressaient. Or mon oncle en connaissait beaucoup et aussi des cocottes que je ne distinguais pas nettement des actrices. Il les recevait chez lui. Et si nous n'allions le voir qu'à certains jours c'est que, les autres jours, venaient des femmes avec lesquelles sa famille n'aurait pas pu se rencontrer, du moins à son avis à elle, car, pour mon oncle, au contraire, sa trop grande facilité à faire à de jolies veuves qui n'avaient peut-être jamais été mariées, à des comtesses de nom ronflant, qui n'était sans doute qu'un nom de guerre, la politesse de les présenter à ma grand'mère ou même à leur donner des bijoux de famille, l'avait déjà brouillé plus d'une fois avec mon grand-père. Souvent, à un nom d'actrice qui venait dans la conversation, j'entendais mon père dire à ma mère, en souriant : « Une amie de ton oncle » ; et je pensais que le stage que peut-être pendant des années des hommes importants faisaient inutilement à la porte de telle femme qui ne répondait pas à leurs lettres et les faisait chasser par le concierge de son hôtel, mon oncle aurait pu en dispenser un gamin comme moi en le présentant chez lui à l'actrice, inapprochable à tant d'autres, qui était pour lui une intime amie.

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu